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Les espèces végétales protégées par la loi risquent - le 30/08/2012 13:34 par   Staff

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Communiqué de presse, le 30 août 2012

 

Les espèces végétales protégées par la loi risquent…  de ne plus être protégées par la loi !

 

La protection de la nature est une lutte sans relâche et bien malheureusement, aujourd’hui, ce sont nos lois qui risquent d’être modifiées et de porter préjudice aux milieux naturels et aux espèces.

En effet, un projet de révision des arrêtés relatifs à la liste des espèces végétales protégées à l’échelle régionale et nationale a été proposé.

Ces modifications annoncent davantage de dérives et de moins en moins d’applications de ces mesures concrètes de protection.

La notion d’ «espèces protégées» aura-t-elle encore la même signification ?

 

Avant la révision des arrêtés

Ces textes relatifs à la protection de la flore ont pour but de limiter la disparition des espèces végétales menacées et de permettre la conservation des biotopes correspondants; ils interdisent tout simplement leur destruction et leur commercialisation.

 

Cependant, certaines exceptions existent et concernent seulement les parcelles cultivées:

Art. 1 «Toutefois, les interdictions de destruction, de coupe, de mutilation et d'arrachage ne sont pas applicables aux opérations d'exploitation courante des fonds ruraux sur les parcelles habituellement cultivées».

 

Le projet de révision des arrêtés

Les modifications, proposées aujourd’hui, sont préoccupantes puisqu’elles élargiraient le panel des exceptions autorisées:

Art.1 «Toutefois, les interdictions de destruction, de coupe, de mutilation et d'arrachage ne s'appliquent pas: 
«1° aux opérations de gestion courante des milieux naturels ayant pour objectif le maintien des habitats présents ou, le cas échéant, favorables à l'espèce concernée; 
«2° aux opérations d'exploitation et de gestion courantes sur les parcelles habituellement cultivées, utilisées ou habituellement exploitées à des fins agricoles, sylvicoles, piscicoles, conchylicoles, salicoles, cynégétiques ou à des fins de maintien de la sécurité des biens et des personnes à condition que cela n'entraîne pas de modifications notables des habitats de l’espèce.»

De telles dispositions ouvrent les portes à de nombreuses dérives…

Ces arrêtés n’auraient plus de réelle portée et donc d’utilité: l’ensemble du territoire rural et surtout une multitude de projets allant clairement à l’encontre de la préservation de la nature (urbanisation, industrialisation…) ne sembleraient plus concernés par lesdites mesures de protection sous prétexte du maintien de la sécurité des biens et des personnes !

Arriverons-nous, à mesure de grignotage, au triste constat où seuls les sites protégés accueilleront des espèces protégées ?

 

Malgré la volonté et le bien-fondé de réviser ces textes, il s’agit, en l’état, d’unerégression pour la protection de la nature etd’une aberration allant à l’opposé des engagements actuels en matière de préservation de la biodiversité.

La SNPN s’inquiète des conséquences alarmantes sur les milieux naturels et les espèces si de telles modifications étaient apportées aux arrêtés de 1982 et 1988, et des arrêtés de protection de la flore au niveau régional. Elle s’y oppose vivement et propose une réflexion plus raisonnée aboutissant à une reformulation adéquate de ces arrêtés.

 

Contact SNPN:

Elodie Seguin - Responsable scientifique

Tel : 01.43.20.15.39 / courriel :snpn@wanadoo.fr  

 

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